Affiche de la Conférence avec en dessiin des immeubles parisiens, des plantes vertes grimpantes, des personnages qui jardinent, se serrent la main, regardent leur téléphone. En bas 3 rameurs dand une pirogue sur la seine, et en haut la tour effeil
Logo du GFPH : Vague déferlante avec les lettres GFPH au dessus et insérées dans un cercle.

GROUPEMENT FRANÇAIS DES PERSONNES HANDICAPÉES

Assemblée Française membre de l’Organisation Mondiale des Personnes Handicapées, OMPH/DPI

ANPIHM

Advocacy France




Pour une nouvelle alliance


Conférence AIFRIS, Juillet 2023

CNAM de Paris




À l’occasion de la 10ème Congrès de l'AIFRIS qui s’est tenue du 3 au 7 juillet 2023 à Paris sur le thème de la crise, le GFPH a permis de renforcer la participation des personnes qui reçoivent les services des professionnels, dites personnes accompagnées, pour la mise en œuvre de véritables partenariats entre les professionnels du secteur avec des experts d’usage confirmés.


Aux 3 piliers qui soutiennent l’action de l’AIFRIS, (à savoir les chercheurs, les formateurs et le professionnels), est ainsi venu concrètement s’ajouter le 4ème pilier qui avait été institué par le 9ème Congrès un an auparavant, à Bruxelles, et ce afin que l’aventure continue à l’occasion du prochain congrès en 2025 au Sénégal.


Avant ces développements, le GFPH a su activer ses réseaux pour qu’à chaque table ronde y soit donné l’éclairage de l’usage, et rappelé la prégnance du Droit tel que décliné dans la Convention Internationale relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH), Avec les participants venus sur son invitation, le GFPH a également initié et animé  un débat autour de la désinstitutionnalisation en écho avec l’événement parallèle qu’il avait animé sur la même thématique le 15 juin 2023 lors de la Conférence des Etats parties, aux Nations Unies, à New-York.


À Paris comme à New York, les conditions d’accès ont en premier lieu concrètement projeté l’ensemble des participants dans l’univers de l’exclusion, et si les lieux chargés d’histoire font sens, leur inaccessibilité illustre concrètement tout ce qu’il reste à faire « pour que rien ne soit fait pour nous sans nous ». Ici, sans le GFPH, cela aurait été sans nous.


Chers partenaires, 


nous, personnes accompagnées membres de l’OMPH/DPI, sommes également ou pouvons l’être, chercheurs, formateurs, et donc professionnels. Nous sommes semblables à vous sur de nombreux points. Ce qui nous distingue c’est l’expérience, et ce qui nous singularise c’est notre total engagement dans la défense des droits humains partout et pour tous. Nos expériences sont celles des multiples crises que nous traversons quotidiennement, quand un environnement inaccessible empêche notre participation, quand des préjugés nous tiennent à l’écart des mouvements de l’époque, quand ce qui coûte à tous est multiplié pour nous par 2 ou par 10 et qu’il nous faut dépenser plus pour obtenir moins, emprunter de plus longs parcours pour aller moins loin, partir plus tôt pour arriver plus tard ou attendre plus pour finalement n’aller nulle part. C’est ici que notre expérience est riche de sens et porteuse de solutions pour un développement durable, nous qui devons faire plus avec moins, soit exactement ce que le monde doit apprendre pour faire face à la crise environnementale.


Experts souvent sans le savoir, nous avons appris à doser nos efforts pour durer, nous avons trouvé ou inventé des ressources alternatives pour faire autrement, dégagé d’autres voies pour atteindre nos cibles, et appris à mobiliser des ressources collectives pour faire face à l’imprévisible. Nous avons surtout compris qu’il n’est pas d’avenir individuel sans l’autre, que sans ceux et celles qui nous assistent dans le quotidien nous n’avons pas d’avenir, que la présence de l’autre est vitale et sa vie si précieuse qu’il est pour nous vital de la préserver. 


Obligés d’apprendre pour survivre dans l’adversité et lutter contre les mises à l’écart, nous sommes tenaces et savons contourner les barrières quand nous ne pouvons les éliminer, nous connaissons les chemins de traverse qui économisent temps et difficultés, nous sommes porteurs d’expériences diverses et singulières des situations d’empêchement qui souvent pourraient être évitées par de simples ajustements des environnements et des comportements. L’accessibilité de tout à tous que les personnes dites handicapées ont contribué à faire entrer dans les standards est un facteur de développement durable, elle fluidifie les échanges, facilite les rencontres, rationalise les déplacements et réduit les dépenses d’énergie. 


Notre avenir est commun, et libres de choisir où et avec qui vivre, nous avons d’abord besoin d’un monde sûr, apaisé et bienveillant, inclusif parce que respectueux des choix et des qualités de chacun de ses habitants, quelques soient ses capacités, et pacifié parce que débarrassé des peurs que notre proximité met à fleur de conscience.


Ce sont donc de nouvelles alliances dont nous avons besoin, pour que vous, professionnels de la formation et de l’accompagnement médico social, et nous, experts de l’usage, puissions construire ensemble de nouvelles modalités d’action et de régulation et donc de formation, afin que dans l’avenir protection ne rime plus avec enfermement, pour que la liberté ne soit plus rognée au nom de la sécurité et pour que nul ne soit jamais réduit à ses caractéristiques déficitaires mais au contraire encouragé à mobiliser les ressources alternatives qui l’entourent ou qu’il porte en lui.

Les intervenants du 4ème pilier

  • Nawaf Kabbara, Liban, Vice Président de l’Alliance Internationale du Handicap (International Disability Alliance) et Docteur en Sciences politiques.
  • Giampiero Griffo, Italie, Licencié en Philosophie, Direteur de section à la Libraire Nationale de Naples, Vice président de la Région Europe de l’OMPH/DPI.
  • Jean-Luc Simon, France, Président de la Région Europe de l’OMPH/DPI, Diplômé en Sciences de l’éducation.

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