Vie Autonome

Programme pour la création d’Espaces Régionaux de Ressources et de Formations pour la Vie Autonome





La mise en place d’un programme pour la création d’Espaces Régionaux de Ressources et de Formations pour la Vie Autonome est envisagée pour répondre aux demandes formulées par des personnes handicapées et plusieurs institutions d’hébergement, équipes d’insertion et centres de rééducation fonctionnelle ou professionnelle de la région Rhône-Alpes.

Argumentaire.


Sélectionné comme projet pilote par la Commission Européenne et par l’AGEFIPH, le projet du GFPH pour la création d’équipes régionales de soutien par les pairs suscite l’intérêt d’un nombre de plus en plus important de partenaires potentiels. À Lyon et à Grenoble, un réseau réunit maintenant des équipes de personnes handicapées qui se proposent de soutenir leurs pairs en stimulant leurs capacités d’autonomie, et les personnes rencontrées lors de nos premières interventions, qu’elles soient professionnelles ou usagères des services d’insertion existants, expriment clairement le souhait d’un recours, épisodique ou régulier, à un tel service de soutien à la vie autonome qui favorise les rencontres entre pairs et la transmission d’expériences.

À titre d’exemple, les responsables de la "Fondation Richard", du centre de rééducation fonctionnelle "Henry Gabrielle", à Lyon, de l’école spécialisée pour IMC d’Annecy et de l’équipe du SRAI de Grenoble, souhaitent l’intervention de notre équipe auprès des résidents de leurs structures. Les jeunes élèves handicapés scolarisés au "Chevallon de Voreppe" et les patients du Centre Médico Universitaire Daniel-Douady, par contre, souhaitent pouvoir recourir à nos interventions à l’extérieur des institutions où ils vivent, par exemple grâce à un "Numéro Vert" et/ou à un lieu d'accueil permanent où ils pourraient rencontrer leurs pairs
L’expérience menée depuis 18 mois montre la pertinence de l’action menée et fait apparaître des besoins, tant de la part des personnes handicapées, de leurs parents que des professionnels qui les accompagnent, auxquels les personnes chargées d’expériences semblent pouvoir apporter des réponses concrètes et adaptées.

1. Pour les personnes handicapées qui vivent chez leurs parents ou en milieu institutionnel, les questions posées tournent invariablement autour de l’image de soi et du " regard de l’autre ", pour ensuite se concentrer sur les solutions pratiques qui leur permettraient de s’engager dans une vie sociale selon leurs propres choix. Même si des réponses existent déjà dans la société, souvent de façon insatisfaisante ou trop parcellaire il est vrai, les personnes rencontrées expriment des demandes d’informations qui leur sont pourtant déjà facilement accessibles par d’autres moyens. Ce constat permet d’affirmer que les problématiques en cause dans la relation avec un pair handicapé dépassent largement la seule résolution d’aspects pratiques de la vie (Emploi de tierces personnes, adaptations techniques, solutions de déplacements, …). Cette relation de tutorat place véritablement les personnes en recherche de plus d’autonomie dans une relation d’écoute et de perception favorable à l’acquisition des gestes et attitudes les plus adaptés à leurs situations.

2. Pour les parents d’enfants handicapés, la richesse des échanges qui ont été menés jusqu’à présent amène une association de parents à envisager la création d’un Espace de Ressources et de formation pour l’autonomie, à Montpellier, afin de favoriser les rencontres et les échanges de savoirs entre les personnes handicapées adultes et les parents d’enfants handicapés. En total accord avec les actuelles propositions du Gouvernement français pour l’intégration des élèves handicapés, cette même dynamique oriente les membres lyonnais du GFPH vers la formation des personnels des crèches et des écoles.

3. Pour les équipes d’insertion, les formations dispensées aux élèves et travailleurs sociaux reçoivent un accueil très favorable et font apparaître de nombreux besoins, tant en termes de connaissance du vécu du handicap qu’en termes de stimulation des personnes handicapées dont-ils ont à faciliter l’insertion sociale et/ou professionnelle. Rémunérées, ces interventions apportent un cofinancement substantiel et ouvrent les voies d’une véritable insertion professionnelle pour les personnes handicapées qui agissent pour stimuler et encourager leurs pairs.

4. Pour les pouvoirs publics, la voie tracée par le GFPH représente la mise en œuvre d’une part essentielle des conventions internationales signées par le Gouvernement français pour l’égalisation des chances pour les personnes handicapées, à savoir la participation active des personnes handicapées à la mise en œuvre des politiques qui les concernent. La pairémulation, ou stimulation par les semblables, est aussi susceptible, à terme, de réduire les prises en charges institutionnelles au profit d’une autonomie économiquement et socialement plus enrichissante.

Le projet.


Trois objectifs principaux sont maintenant poursuivis :


Toujours au titre d’une action pilote, la création d’Espaces Régionaux de Ressources et de Formations pour la Vie Autonome est donc envisagée à Lyon et à Grenoble afin de répondre à ces trois exigences. Sur la base de l’action engagée, le GFPH propose la création d’un espace permanent de soutien par les pairs dans chacune de ces deux villes, afin :


Le Quatrième objectif pour la recherche d’un statut juridique des actions de pairémulation sera effectué sur le plan national par le GFPH.

Dans le cadre national et européen au sein duquel elle s’insère, cette réalisation offre l’occasion à la région Rhône-Alpes d’initier une action sociale en faveur de l’emploi des personnes handicapées, qui met en œuvre les recommandations et les principes des conventions internationales pour le respect des Droits de l’Homme.

D’une façon concrète, la création d’Espaces Régionaux de Ressources et de Formations pour la Vie Autonome offrirait :

Aux personnes handicapées :

- Un lieu permanent d’échanges avec des personnes chargées d’expériences et vivant selon leurs choix.
- Les moyens d’une analyse positive de leur situation,
- Une formation à la prise en charge spécifique des besoins qui sont liés à leurs déficiences et à la gestion des ressources disponibles (Auxiliaires de vie, droits, actes de la vie quotidienne, santé...).
- La possibilité d'accéder à un niveau supérieur d’autonomie grâce aux moyens en formation mis à leur disposition.
- L’accès à un nouveau métier, Pairémulateur, qui valorise leur expérience, pour celles qui s’engageront dans cette fonction.

Aux parents d’enfants handicapés :

- Les moyens d’imaginer un avenir positif pour leurs enfants.
- Un soutien efficace pour connaître leurs droits, les adaptations et les réseaux nécessaires au libre choix du lieu et du mode d’éducation de leurs enfants.

Aux professionnels de la réhabilitation et de l’insertion :

- Un lieu et des moyens de formation permanente.
- Un soutien à leur action en faveur de l’insertion socioprofessionnelle des personnes handicapées.

Aux Pouvoirs Publics :

- Une réduction des prises en charges institutionnelles et la mise en œuvre d’une politique encourageant l’implication citoyenne de tous.
- Les moyens d’une mise en œuvre des législations en faveur de l’intégration des personnes handicapées.

Afin de répondre à ces nombreuses demandes, deux personnes handicapées salariées à temps complet auront, avec chacune l’assistance humaine et technique nécessaire, la mission de :

- Assurer une permanence d’accueil.
- Coordonner les réponses aux demandes de soutiens individuels et institutionnelles de la région Rhône-Alpes, en planifiant les rencontres entre pairs et les interventions de formation auprès des professionnels.
- Animer un réseau régional pour favoriser l’échange des connaissances.
- Élaborer le matériel pédagogique.
- Coordonner les travaux et recherches universitaires des groupes de travail régionaux pour la formation des pairémulateurs, et organiser les sessions de formation de formateurs.

Partenaires.


- Le Groupement Français des Personnes Handicapées (GFPH).
- Conseil Régional Rhône-Alpes.

Projet de Développement.


Phase expérimentale, durée : 3 ans.

1999/00 : Mobilisation de nouveaux intervenants,
Développement et suivi des interventions.
2000/01 : Formation des équipes des pairémulateurs.
Élaboration de la formation.
2001/02 :Démarrage des stages selon les modalités retenues.
Évaluation et ajustement de la formation aux besoins.


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