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Communiqué de presse

Lundi 1er décembre 2014

Fort de son expérience et de celles de ses membres, le Groupement Français des Personnes Handicapées souhaite interpeller le Gouvernement à l’occasion du « Forum emploi et handicap » qui se tiendra à Dijon le lundi 1er décembre, et auquel participera le Ministre du Travail et de l'Emploi François Rebsamen.

Convaincus comme lui que « sans un marché du travail qui intègre tous les potentiels et les qualifications, l’Union ne retrouvera pas le chemin d’une croissance durable »,([1]) les travailleurs reconnus « handicapés » comme tous ceux et toutes celles qui pourraient l’être s’ils n’étaient pas maintenus dans l’inactivité par des environnements hostiles, s’inquiètent pourtant des mesures à venir.

La loi du 10 juillet 1987 stipule que les financements en provenance de l'AGEFIPH doivent venir en complément des financements de l'État afin d'amplifier les moyens pour favoriser l'intégration professionnelle des personnes dites handicapées.

1. Comment le Gouvernement peut-il engager les financements de cet organisme en lieu et place des financements de l'État ? Sans compter les prélèvements opérés par ses soins sur les fonds collecteurs que sont l’AGEFIPH ou le FIPPH, et ce pour des actions qui ne répondent pas stricto sensu à leurs objectifs d’insertion des travailleurs handicapés dans l’emploi.

2. Comment le Gouvernement peut-il exonérer le Ministère de l'Éducation Nationale des obligations d’insertion ou de maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés, et donc du paiement des contributions qui seraient dues au FIPPH, en lui permettant ainsi d'utiliser les sommes dues pour financer l'emploi des Auxiliaires de Vie Scolaire ?

3. Comment le Gouvernement compte t’il « interdire la discrimination fondée sur le handicap dans tout ce qui a trait à l’emploi sous toutes ses formes, notamment les conditions de recrutement, d’embauche et d’emploi, le maintien dans l’emploi, l’avancement et les conditions de sécurité et d’hygiène au travail; »([2]) comme il s’est engagé à le faire en ratifiant la « Convention des Nations Unies relative aux Droits des personnes handicapées » ?

4. Comment les travailleurs handicapés employés par les ESAT peuvent-ils « exercer leurs droits professionnels et syndicaux » ([3]) comme le réclame cette même Convention ? Quels soutiens sont apportés à leur intégration ou réintégration dans le milieu ordinaire de travail ?

5. Comment le Gouvernement justifie t-il que les financements de l'AGEFIPH ne s'inscrivent pas dans la durée pour accompagner cette mission nécessairement de longue haleine, tandis que le Gouvernement n'honore pas au plan financier la création de postes prévus annuellement dans les Entreprises Adaptées ?

6. Quelles réponses le Gouvernement apporte t-il au climat social très dégradé  dans les services publics et qui fragilise le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés ? Quels sont les moyens mis au service de l’exemplarité de l’Etat et de ses services pour lutter contre les discriminations à l’emploi ?

Les potentiels et les qualifications des travailleurs dits « handicapés » sont multiples, aussi riches qu’ils sont parfois longs et difficiles à identifier et à mettre en œuvre. Leurs contributions s’inscrivent parfaitement dans le grand projet présidentiel « d’écologie citoyenne », elles apportent du lien et de la diversité et participeront n’en doutons pas et de façon marquante, à « faire de la France la nation de l’excellence environnementale », une France fluide, sûre et facile à comprendre autant qu’à vivre, une France accessible.

 


[1] François Rebsamen, le 27/11/2014, Biennale Lasaire « Europe, Travail, Emploi », Conseil Régional Ile de France.

[2] Convention relative aux droits des personnes handicapées, Article 27 Travail et emploi.

[3] Ibid.

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