Edito Septembre 2009
L’accessibilité à l’épreuve de l’usage
En matière d’accessibilité, l’information remarquable et remarquée de cette rentrée 2009 est l’arrêt du Conseil d'État en date du 21 juillet qui annule les possibilités de dérogation aux obligations que les constructeurs avaient pleinement commencé à utiliser.

Saisi par l'Association Nationale Pour l'Intégration des personnes Handicapées Moteurs (ANPIHM), le Conseil d'Etat estimant qu'un décret ne peut réduire le champ d'application d'une loi et jugeant que les législateurs n'avaient pas voulu créer de cas de dérogation, a définitivement fermé cette possibilité d’exonération. Tous les bâtiments d’habitation collectifs neufs, toutes les maisons individuelles désignées par la loi du 11 février 2005 et tous les Établissements Recevant du Public nouveaux devront dorénavant être accessibles à tous … ou ne pas être.

Cette décision est le résultat d’une mobilisation de citoyens concernés, représentés dans cette  action par Christian François à qui le magazine Yanous vient de consacrer un article. Motivé par ses convictions citoyennes, Christian François a simplement lu les textes d’application de la Loi 2005 en matière d’accessibilité. Sur la base de son expérience d’usage et de vie, il eut la surprise d’y découvrir une définition des « escaliers adaptés » qui contredit des fondamentaux, plus loin des largeurs de sas qui mettent en danger les utilisateurs de fauteuil roulant, des paliers de repos qui bloquent le passage  …

Utilisateur d’un fauteuil roulant, ce n’est pourtant pas la situation des personnes dites « handicapées » qui préoccupe le plus Christian, mais celle des personnes vieillissantes, de nous tous en quelques sorte.  Il sait par expérience que la recherche d’une autonomie maximale est à préférer partout et avant tout autre mesure. Face au vieillissement inéducable de la population, son expérience lui a aussi appris que la mise en accessibilité du cadre bâti est aujourd’hui une mesure de salut public et toute dérogation une « inconséquence politique désespérante ».

Le concept de l’accessibilité universelle auquel que le GFPH contribue à rendre opérant(1), devrait être intégré à tous les modes de construction et mis en œuvre par tous les acteurs, et ce n’est pas d’un fond ou d’un observatoire spécifique dont nous avons besoin, mais d’une réforme des pratiques de la construction et d’un retour à ses fondamentaux pour mieux les projeter dans l’avenir.

Avant cela, l’urgence est de réécrire les textes désavoués par le Conseil d’État, de poser de nouvelles règles utiles, simples à mettre en œuvre  et en harmonie avec les règles de l’Art. Les Décrets, Arrêtés et Ccirculaires qui mettent eu œuvre la loi de 2005 ne peuvent pas souffrir d’approximations, de contradictions ou de la moindre erreur, mais plus utilement pour l’avenir être précis, clairs et de bon sens.

Ce bon sens est celui des utilisateurs et des associations membres du GFPH qui, comme l’ANPIHM, savent mettre l’expertise et le talent de leurs militants au service de tous.
 (1) Notamment avec l’Alliance Globale pour l’Accessibilité de l’Environnement et des Technologies GAATES 

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