pour l'égalité

Hervé Mariton le 19 février 2014 au journal du 7/9 sur France Inter : "J'organise pour l'UMP demain, une convention sur les question du handicap. Le handicap, c'est la priorité absolue de la solidarité nationale, c'est la légitimité absolue. Ça n'est pas un terrain d'économie, et si nous sommes si peu idéologues, que je propose même une forme de re-nationalisation de la politique du handicap. Les départements peuvent être un guichet de gestion intelligent, mais les grandes lignes de cette politique doivent être définies sur le plan national et la proposition de François Hollande de décentraliser davantage cette politique vers les départements n'est pas cohérente avec cette solidarité absolue."

Mais ne serait-ce pas la Loi de 2005, voulue par Jacques Chirac, construite par l'UMP et portée devant l'Assemblée Nationale par Marie Anne Montchamps, qui aurait initié et posé les bases de cette décentralisation ?

Comme à chaque période électorale, "les handicapés" et "les vieux" sont ressortis des placards ... et foin des contradictions, chacun y va de sa nouvelle idée géniale pour savoir qui va gérer le poids de la dépendance, et déterminer qui de la Creuse ou de la Belgique est le mieux placé pour "prendre en charge" tous ces pauvres "corps malades". 

Monsieur Mariton, la  "priorité absolue" de "solidarité nationale" nous a déjà été servie, en 1975 elle pris le nom de "priorité nationale", puis la Loi de 2002 a mis les personnes dites handicapées "au centre des dispositifs" avec "l'objectif de répondre de façon adaptée aux besoins de chacun d'entre eux et en leur garantissant un accès équitable sur l'ensemble du territoire", avant que la Loi de 2005 n'affirme enfin que "Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale".

Nous sommes loin du compte, vous en convenez, mais contrairement à ce que vous avancez Monsieur Mariton, ce sont l'Europe, cette même Europe dont vous souhaitez moins de contraintes réglementaires, et les Nations Unies avec l'adoption de la "Convention Internationale relative aux Droits des Personnes Handicapées", qui ont développé des visions suffisamment ambitieuses pour être susceptibles d'apporter le pragmatisme que vous recommandez. 

Non pas parce que ces institutions supra nationales seraient plus compétentes, mais seulement parce que ces dernières ont été et continuent à être plus inspirées par l'expérience de la société civile que par les croyances de la société politique. C'est la force de nos ONGs et de leur travail pour influencer les institutions, car elles trouvent là des oreilles plus attentives et des ambitions plus désintéressées. Aujourd'hui, via la Convention Internationale ratifiée par la France et les législations européennes, c'est cette force qui aujourd'hui contraint la France et oblige, non pas à plus de solidarité des uns vers les autres, mais à plus d'égalité entre les uns et les autres. 

Jean-Luc Simon

Président

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